Robespierre JC MartinIl semblerait que l’écriture d’un ouvrage consacré à Robespierre devienne un passage obligé pour tous les grands historiens de la Révolution française.

Après la très belle et innovante biographie du personnage due à la plume d’Hervé Leuwers parue à la fin de l’année 2014 chez Fayard, précédée en 2013 d’un très gros ouvrage du à  Marc Belissa et Yannick Bosc consacré à la fabrication des mythes autour du personnage : Robespierre, la fabrication d’un mythe. Paris : ellipse, 2013.

Rappelons également l’ouvrage à deux voix publié également en 2014 de Michel Biard et  Philippe Bourdin : Robespierre. Portraits croisés. Paris, Armand Colin, 2014 ( seconde édition ).

Et je passe sous silence les rééditions récentes de ses principaux discours et écrits, notamment celui de  de Yannick Bosc, Florence Gauthier et Sophie Wahnich paru en 2000 aux éditions de la Fabrique : Pour le bonheur et la liberté.

Aujourd’hui[1], c’est Jean-Clément Martin, professeur émérite à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et ancien directeur de l’IHRF, de nous livrer sa vision : Robespierre, la fabrication d’un monstre. Paris, éditions Perrin, 2016.

Cette pléthore d’ouvrages intelligents ne peut qu’être bénéfique.

Présentation de l’ouvrage par l’éditeur :

« Le parti pris de cette nouvelle biographie de Robespierre – qui fait sa valeur et son originalité – est le refus revendiqué de toute approche psychologisante, de tout affect et de tout sensationnalisme. Nous voyons ainsi évoluer l'homme parmi ses pairs et ses rivaux, dont beaucoup ont partagé avec lui les mêmes expériences : une enfance difficile, une adolescence studieuse et une réussite sociale, mondaine et littéraire précoce. A travers ses multiples et successives prises de position politiques, y compris celles qui paraissent mineures, on comprend qu'il s'exprime en réponse aux Danton, Marat, Pétion, Saint-Just, Fabre d'Eglantine, Camille Desmoulins, Hébert, Collot d'Herbois, dans un jeu de bascule permanent, sans pouvoir exercer une quelconque magistrature suprême. Lorsqu'il paraît enfin pouvoir y accéder, il est condamné hors la loi par ses collègues, le 9 thermidor 1794. Chacun le sait, aucune artère parisienne ne porte le nom de Robespierre, passé à la postérité comme l'archétype du monstre. Sans l'absoudre de rien, sans l'accabler non plus, Jean-Clément Martin explique que cette réputation a été fabriquée par les thermidoriens qui, après l'avoir abattu, voulurent se dédouaner de leur recours à la violence d'Etat : les 10 et 11 thermidor, qui voient l'exécution de Robespierre, de Couthon, de Saint-Just et de près de cent autres, servent en réalité à dénoncer " l'Incorruptible " comme le seul responsable de la " Terreur ". Cette accusation a réécrit l'histoire de la Révolution et s'impose encore à nous. En historien, l'auteur démonte les mythes et la légende noire pour retrouver l'homme. Une démonstration sans faille et un livre à l'image de Robespierre : éminemment politique. »

Lundi 25 janvier 2016, Jean-clément Martin était l’invité d’Emmanuel Laurentin sur France Culture pour présenter son ouvrage : Ecouter l'émission ici.

Gérard Guyau



[1] En fait l’ouvrage est paru le 21 janvier 2016, date pour le moins symbolique !