Vous pouvez lire ci-dessous la réaction de la Société des Amis de la Révolution de la Sarthe à la fermeture d’ Institut d’Histoire de la Révolution Française, suivi d’un courrier adressé à Pierre Serna directeur de l’ex-IHRF.

IHRF

« FERMETURE DE L’INSTITUT D’HISTOIRE DE LA REVOLUTION FRANÇAISE.

Depuis le 1er janvier 2016, l’IHRF n’a plus d’existence légale. Il est, officiellement, absorbé par l’Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine (IHMC). Tous ceux qui restent attachés à l’héritage et aux enseignements de la Révolution française ont quelques raisons d’en être préoccupés.

Une telle mesure, que ne sauraient suffire à expliquer des raisons budgétaires et administratives, risque, en effet, de s’avérer lourde de conséquences. Quel peut être l’avenir d’une institution universitaire privée de toute autonomie financière ? Que va devenir sa triche riche bibliothèque à laquelle les étudiants et les chercheurs n’ont plus accès aujourd’hui ?

La fermeture d’un institut exclusivement consacré à la Révolution, ayant mission d’en établir scientifiquement les archives parlementaires, ne saurait s’expliquer uniquement par des raisons budgétaires et administratives. L’IHRF a été fondé en 1937, dans le prolongement de la création, à l’approche du centenaire de la Révolution, de la chaire d’histoire de la Révolution française à la Sorbonne. Sa seule existence témoignait donc du caractère spécifique de  cet événement fondateur de la République. N’est-ce pas cela, précisément, qu’il s’agit de gommer ? Intégrer, sans autonomie et avec une visibilité de plus en plus réduite, l’IHRF dans l’IHMC, ce n’est pas éclairer la Révolution par la longue durée, c’est l’y dissoudre, avec le risque – ou la volonté ? – de la réduire à un dérapage sanglant et à une parenthèse fort heureusement vite refermée. Au moment où elle disparaît des programmes de bon nombre d’universités, la Révolution ne risque-elle pas de s’effacer de la mémoire collective et, avec elle, ses principes et ses enseignements ?

La SARF ne peut que déplorer une telle mesure et entend poursuivre son action de popularisation des valeurs républicaines et démocratiques de la Révolution française.

Le CA de la SARF »

 

Lettre à Pierre Serna :

« Société des Amis de la Révolution Française

         À Pierre Serna, directeur de l’Institut d’Histoire de la Révolution Française

Monsieur le Directeur 

C’est avec consternation que la Société des Amis de la Révolution Française (club René Levasseur de la Sarthe) a appris la fermeture de l’IHRF. Officiellement l’Institut n’est, certes, qu’absorbé par l’Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine. Mais quel peut être l’avenir d’une institution universitaire privée de toute autonomie financière ? Et quid de sa très riche bibliothèque ? Ne risque-t-elle pas, à plus ou moins long terme, d’être « banalisée » et dissoute dans un ensemble couvrant toute l’époque moderne ?

Sur le fond, le plus grave nous semble résider, plus que dans un manque de « visibilité », dans la charge symbolique de la perte de tout statut légal pour un Institut entièrement dédié à l’événement fondateur de la République. Une telle mesure ne saurait, en effet, s’expliquer uniquement par des raisons budgétaires et administratives. N’est-il pas légitime d’y voir la main de ceux qui souhaitent, certains  depuis toujours, d’autres au terme de leur dérive opportuniste, voir la Grande Révolution disparaître du paysage universitaire avant que ce ne soit de la mémoire collective? Intégrer, sans autonomie et avec une visibilité de plus en plus réduite, l’IHRF dans l’IHMC, n’est-ce pas, loin d’éclairer la Révolution par la longue durée, l’y dissoudre et la réduire à un dérapage sanglant et à une parenthèse fort heureusement vite refermée.

Nous souhaiterions, Monsieur le Directeur (ou citoyen Serna ?) connaître votre sentiment. »

Pour information nous donnons accès à un article récent de la rédaction des Cahier du Mouvement ouvrier et publié par médiapart :

Ils ont osé fermer l'Institut d'histoire de la Révolution française

La rédaction des Cahiers du mouvement ouvrier s'insurge contre l'absorption de l'Institut d'histoire de la Révolution française par l'Institut d'histoire moderne et contemporaine. "Une fermeture (...) qui vise à tenter d'effacer la réalité historique et donc l'idée même et la perspective de la révolution qui n'aurait pas plus d'avenir que de passé."

https://blogs.mediapart.fr

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